Adieu stress post-traumatique

« Retour aux actualités 06 Octobre 2010 - Actualité Nouvelles études

Adieu stress post-traumatique

Des chercheurs de l’université de Porto Rico ont découvert la capacité d’une protéine naturelle à effacer le phénomène de stress post-traumatique. Ce syndrome, défini par des troubles psychiques survenant dans les semaines ou les mois suivant un stress important (attentat, guerre, violence physique ou psychologique…), et persistant durant plusieurs mois, peut se manifester par l’insomnie, les hallucinations, l’irritabilité voire la dépression. Pour obtenir ce résultat, les chercheurs ont conditionné des rats en associant un bip sonore à une décharge électrique, créant ainsi un réflexe de stress post-traumatique. Ils leur ont ensuite injecté la protéine BDNF (brain-derived neurotrophic factor), essentielle pour la mémorisation et l’apprentissage, dans la partie du cerveau intervenant dans la formation de la mémoire émotionnelle, le cortex infralimbique préfrontal.
Une fois cette étape réalisée, les rats n’ont plus manifesté d’anxiété lorsque le bip sonore retentissait. Les auteurs en ont déduit que le souvenir stressant avait été remplacé par un autre, reconnu a priori comme non dangereux. Il s’avère que le BDNF est naturellement produit par le cerveau humain. Les auteurs estiment donc qu’il suffirait de stimuler sa fabrication pour supprimer ce stress post-traumatique. Ils évoquent plusieurs pistes comme l’exercice physique, qui favoriserait la création de cette molécule, ou l’utilisation de médicaments « stabilisateurs d’humeur » (exemple : Fluoxétine), qui permettent d’augmenter la formation de BDNF, mais nécessitent un traitement long. Or, on sait que la rapidité de prise en charge de ce syndrome conditionne l’évolution psychologique du patient. Les auteurs recommandent donc le développement de médicaments ayant une action plus ciblée sur cette protéine. Des recherches seraient déjà menées en ce sens. Mais, comme d’habitude, des études sur l’homme seront indispensables pour prouver l’efficacité et l’absence d’effets délétères.

Julien Boyer

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