Après la contre-indication des mucolytiques et mucofluidifiants, c’est au tour des antitussifs d’être mis en cause. A la clé, une évolution de la prise en charge de la toux chez les bébés.
Après une première phase qui avait conduit, en avril dernier, à la contre-indication pour les enfants de moins de 2 ans des médicaments mucolytiques, mucofluidifiants et de l’hélicidine, la réévaluation continue. Sont maintenant touchés les antitussifs antihistaminiques H1 de première génération, qui ont pour effet de bloquer le réflexe de la toux. La commission d’AMM a ainsi estimé que le rapport bénéfice/risque était défavorable chez le nourrisson (effet sédatif, dépression respiratoire, etc.). Cette décision sera mise en application en mars 2011 et de nouvelles recommandations font leur apparition, modifiant la prise en charge de la toux chez le nourrisson.
Syndrome fréquent disparaissant en général sous 10 à 15 jours, cette toux est le plus souvent due à une infection virale des voies respiratoires. Désormais, la règle à suivre sera de privilégier les mesures hygiéno-diététiques, car peu d’alternatives thérapeutiques sont envisageables. On rappellera que les antitussifs opiacés sont contre-indiqués chez les nourrissons car dépresseurs respiratoires. Parmi ces mesures, on citera :
- Désobstruction nasale pluriquotidienne au sérum physiologique en cas d’encombrement ;
- Eviter l’exposition au tabac ;
- Hydrater régulièrement le nourrisson et limiter
la température à 19-20 °C dans sa chambre ;
d Coucher le bébé sur le dos et surélever
le matelas au niveau de la tête ;
d Une kinésithérapie respiratoire peut être envisagée mais pas de manière automatique.
Afin d’accompagner les professionnels et d’éclairer au mieux les parents, l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) a élaboré plusieurs documents comme une mise au point sur la prise en
charge de la toux adressée aux médecins généralistes, pédiatres et kinésithérapeutes
ou encore un dépliant et une affichette pour informer les parents. L’Affsaps a également
mis en ligne (www.afssaps.fr) un questionnaire pour répondre aux interrogations parentales.
Enfin, il est également envisagé de contre-indiquer les suppositoires à base de dérivés terpéniques chez l’enfant de moins de 30 mois
en raison des risques de convulsions.
Olivier Valcke