La littérature concernant la relation entre vitamine D, calcium et risque de cancer est assez hétérogène pour le moment, bien qu’une augmentation croissante de preuves épidémiologiques suggère que ces deux nutriments puissent réduire ce risque. Les auteurs de cette étude se sont intéressés à l’impact des concentrations sériques de vitamine D et de calcium. Ils ont analysé les données d’une étude cas-témoins construite au sein d’une cohorte comprenant 98 995 femmes âgées de 40 à 65 ans à l’inclusion, en 1990. Ils ont identifié 636 cas de cancer du sein survenus depuis leur entrée dans la cohorte parmi les 17 540 femmes qui avaient donné un échantillon sanguin et pour qui ils disposaient de données alimentaires détaillées. Les résultats permettent tout d’abord d’afficher que 75 % des femmes avaient un taux sanguin de vitamine D inférieur à la normale. Ils ont également montré une diminution significative de 25 % du risque de cancer du sein pour celles ayant des concentrations sériques les plus élevés de vitamine D3. Parallèlement, il ne semble pas y avoir de corrélation entre taux sanguin de calcium et risque de cancer du sein. Une augmentation des niveaux sanguins de vitamine D semble donc diminuer significativement le risque de cancer, alors que la calcémie ne semble pas avoir d’impact. Ces données plaident en faveur du maintien de niveaux biologiques adéquats en vitamine D. Notons que pour conserver une concentration au-dessus de 30 ng/mL, il est nécessaire de prendre 2 000 UI de vitamine D par jour, soit dix fois les recommandations actuelles de l’Afssa… Des essais cliniques avec différentes doses de vitamine D seront nécessaires pour confirmer son bénéfice sur le cancer du sein.
Julien Boyer