On
l’oublie souvent mais les stages sont à la base de la pratique du pharmacien. L’Anepf publie les résultats de son enquête d’évaluation et dresse un constat sans appel : une évolution est nécessaire.
Vers une refonte des stages en pharmacie ? C’est en tout cas le souhait de l’Association nationale des étudiants en pharmacie de France ( Anepf ) au vu des résultats de son enquête nationale d’évaluation des stages du cursus pharmaceutique ( stage officinal d’initiation, stage d’application des enseignements coordonnés, stages hospitaliers, stage de pratique professionnelle de sixième année filière officine ). Premier enseignement : une majorité d’étudiants trouve trop long le stage officinal d’initiation de six semaines. Une durée de quatre semaines est plébiscitée. Sur le contenu en lui-même, les avis sont mitigés. Ainsi, plus d’un étudiant sur trois ne réalise pas toutes les préparations ( magistrale solide, liquide et pâteuse ), alors qu’il s’agit de l’un des objectifs de cette formation. Il en est de même pour la reconnaissance de matières premières, plantes et drogues sèches : presque la moitié des étudiants n’y est pas initiée.
En revanche, les maîtres de stage sont loués pour leurs capacités pédagogiques et leur investissement. 86 % des répondants se sont sentis encadrés durant leur stage et 70 % décrivent leur maître d’apprentissage comme un bon pédagogue. Une appréciation qui diffère avec les résultats recueillis pour le stage de pratique professionnelle de sixième année filière officine. Si l’aspect pédagogique n’est pas critiqué, 34 % des étudiants demandent à leur maître de stage de les former davantage dans un autre domaine, mais 69 % ne répondent
pas à cette demande, faute de temps.
Autre secteur critiqué : le bilan de connaissances. A l’issue du stage officinal d’initiation, beaucoup d’étudiants passent à travers les mailles d’un contrôle sur la bonne acquisition des connaissances. Seuls 59 % ont subi un examen oral ou écrit. La note positive de ce sondage vient dans la proportion d’étudiants – 63 % – qui, à la suite de ce stage, souhaitent s’orienter en filière officine. Preuve également de l’efficacité du stage de pratique professionnelle de sixième année : 70 % se déclarent capables de remplacer le pharmacien à l’issue de cette ultime formation.
Olivier Valcke