HON : que vaut le label des sites de e-santé ?

« Retour aux actualités 04 Février 2011 - Actualité Société

HON : que vaut le label des sites de e-santé ?

HON. Trois lettres et un logo qui font désormais autorité sur les sites de santé et d’information médicale. Censé garantir les « bonnes pratiques éditoriales » sur le Web, le label HON, créé par une fondation suisse, fait pourtant débat. Eclairage.

Depuis une petite décennie, les sites de santé et d’information médicale se sont multipliés sur la Toile pour répondre à une curiosité toujours accrue. Quinte de toux, douleur articulaire, traitement antidiabétique, acné, oubli de pilule contraceptive… en France, un patient sur cinq consulte un site Internet d’information médicale selon une étude Opinionway réalisée en septembre 2010. Menée pour le site doctissimo.fr, elle montre également que 53 % des sondés estiment que la qualité de l’information médicale proposée sur Internet est plus complète que celle dispensée par le médecin ou le pharmacien. Que ce soit pour définir des symptômes, se renseigner sur un traitement, comparer l’efficacité d’un médicament, l’avis du médecin et du pharmacien ne suffit visiblement plus à ces patients.

De bonnes pratiques éditoriales…

Face à l’explosion de ces sites et à a demande du législateur, la Haute autorité de santé (HAS) a mis en place, en 2007, une procédure de certification qui vérifie les « bonnes pratiques éditoriales ». Développée par la fondation suisse Health on the Net (HON), elle est censée garantir la qualité selon plusieurs critères, de la confidentialité des données des internautes à la signature des auteurs. Cette certification est gratuite, délivrée pour un an et réévaluée systématiquement. Les éditeurs de sites de santé volontaires doivent s’y conformer et s’engager à respecter huit principes éthiques (voir encadré ci-contre). Le HONcode aborde ainsi, de façon indirecte, l’une des questions principales de l’Internet : la fiabilité et la crédibilité de l’information médicale et de santé.
Une étude menée en 2008 par la HAS et HON a eu pour but d’évaluer l’effet de la certification sur les sites de santé. Sur 165 sites évalués en 2008 lors de la demande initiale de certification, 56 % n’étaient pas conformes car ils ne respectaient pas un ou plusieurs principes du HONcode. Entre autres : principes de confidentialité, datation, transparence du financement et honnêteté dans la publicité et la politique éditoriale. Pour les sites qui restent en dehors du processus de certification, la non conformité atteignait 98 % d’entre eux. En 2010, près de 900 sites français étaient certifiés.

… en cours d’amélioration

Charte de qualité éditoriale pour les uns, le label HON demeure pour d’autres un outil de contrôle ­inadapté qui n’a pas su prendre en compte les évolutions comportementales des internautes. « La certification apporte aux sites qui s’y engagent, mais elle a certaines limites, reconnaît Hervé Nabarette, chef de service qualité de l’information médicale à la Haute autorité de santé (HAS). Elle est axée sur une philosophie Web 1.0 et appréhende peu la notion d’interactivité entre les internautes. Par ailleurs, les internautes n’accordent pas spontanément d’importance aux logos qualité. »
Initié par la HAS, un groupe de réflexion va proposer des axes d’amélioration pour la certification. Une des pistes envisageables concerne la transparence de l’information. « Un grand nombre d’internautes ignore le contenu de la certification, admet Hervé Nabarette. Une des pistes de réflexion privilégie une meilleure transparence de l’information, notamment en reliant le logo à une page reprenant des informations pertinentes sur le site. L’internaute devrait être incité à cliquer sur le logo, et il aurait accès à cette page qui pourrait aussi contenir des messages généraux. Une telle évolution de la certification essaierait de susciter l’esprit critique de l’internaute. » Et d’aider les citoyens dans leur vigilance à l’égard d’informations médicales et de santé qui peuvent être imprécises ou sans preuve scientifique valide. Si la certification est en cours d’amélioration, elle représente pour les éditeurs de site une certaine valeur ajoutée.
Dans une enquête de satisfaction menée par HON en 2008, 92 % des éditeurs déclarent que l’un des principaux apports de la certification réside dans le gain de crédibilité du site. Aussi, on ne s’étonnera pas de retrouver ce standard internationalement reconnu traduit dans trente-quatre langues et utilisé par près de 6 000 sites. La qualité, qui plus est sur Internet, n’a pas de frontières.

Olivier Valcke

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