IGAS Un rapport à charge contre les autorités sanitaires
C’est un rapport qui a fait l’effet d’une bombe et dont l’onde de choc devrait redessiner en profondeur le paysage sanitaire français. Remis à Xavier Bertrand, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé, le 15 janvier, le rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) sur le Mediator a eu pour mission d’identifier les principales responsabilités lors de l’affaire dite du Mediator. Si le rapport met en cause la responsabilité des laboratoires Servier, il charge également l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) « inexplicablement tolérante à l’égard d’un médicament sans efficacité thérapeutique réelle », et plus largement l’incapacité du système de pharmacovigilance à « analyser les graves risques apparus en termes de cardiotoxicité du Mediator ». Et l’Igas n’y va pas de main-morte. Selon les conclusions du rapport, l’Agence est apparue comme « une structure lourde, lente, peu réactive, figée, malgré la bonne volonté et le travail acharné de la plupart de ses agents, dans une sorte de bureaucratie sanitaire. »
Première victime collatérale de ce rapport, Jean Marimbert, le directeur de l’Afssaps limogé par Xavier Bertrand. En pleine crise médiatique, l’Agence du médicament voit également son financement critiqué. Désireux d’éviter de nouveaux conflits d’intérêts avec les laboratoires, le ministre du Travail, de l’Emploi et la Santé plaide désormais pour un financement direct de l’Etat. Au-delà de l’Afssaps, première autorité sanitaire visée par le rapport Igas, c’est l’ensemble du système de santé qui pourrait être à terme réformé.
Le rapport de l’Igas en chiffres
- 6 semaines de travail
- Plus d’une centaine d’auditions menées
- Exploitation de dossiers scientifiques et administratifs s’échelonnant sur 40 années depuis l’autorisation du Mediator en 1974 jusqu’à son retrait en 2010
- 260 pages + 3 000 pages d’annexes
Olivier Valcke