Plus qu’un cambriolage, la pharmacie du Légué, à Plérin, commune limitrophe de Saint-Brieuc (22), a subi un véritable saccage. Isabelle Dagorne, la titulaire, nous relate cette douloureuse expérience.
Plus qu’un cambriolage, la pharmacie du Légué, à Plérin, commune limitrophe de Saint-Brieuc (22), a subi un véritable saccage. Isabelle Dagorne, la titulaire, nous relate cette douloureuse expérience.

"Le cambriolage a eu lieu vers 4 heures du matin dans la nuit du 4 octobre dernier. Nous habitons au-dessus de la pharmacie mais nous étions exceptionnellement absents cette nuit-là. Même notre chien, qui d’habitude monte la garde, était avec nous ce soir-là. Le plus surprenant, c’est que personne n’a rien vu, rien entendu. C’est pourtant rare qu’un acte de vandalisme passe inaperçu dans ce quartier plutôt tranquille. Surtout lorsque l’on sait que le cambrioleur s’est introduit dans l’officine en lançant dans la vitrine un pied de parasol volé au café voisin ! Ce n’est quand même pas d’une discrétion absolue ! Notre pharmacie est située à une dizaine de mètres d’un bureau de tabac et proche d’une place peuplée de restaurants. Cet acte ne colle vraiment pas avec l’image de ce quartier calme où il fait bon vivre. D’ailleurs, lorsque les clients sont revenus à la pharmacie le lendemain, ils n’en croyaient pas leurs yeux.
Il faut dire qu’un trou béant au milieu de la vitrine, des boîtes de médicaments éparpillées et des traces de sang sur le sol sont des images assez choquantes. Moi-même, j’ai été consternée par ce que je qualifierai de saccage. L’officine a été fouillée de fond en comble, les présentoirs ont été renversés, les étagères ont été dévalisées, le bureau a été complètement vandalisé… C’est bien simple, le cambrioleur, un jeune sous tranquillisants, a tout retourné. Ce jeune en question traîne d’ailleurs toujours dans les parages. Je suis sidérée par la rapidité avec laquelle l’affaire a été traitée. J’ai porté plainte à la gendarmerie le jeudi après-midi. Le jeune homme a été interpellé le vendredi matin par les gendarmes et relâché dans la même journée. Il a été laissé libre, sous contrôle judiciaire, en attendant son procès. Il ne s’est d’ailleurs pas présenté le jour de son procès, qui a du coup été reporté dans le courant du mois de février. Depuis, je le croise régulièrement dans le quartier. On ne peut pas dire que je suis rassurée.
Ma première démarche a été d’installer un rideau métallique pour se protéger de ce type de vandalisme, mais il faut plusieurs semaines avant d’en recevoir un. J’ai appelé à maintes reprises la gendarmerie pour qu’ils viennent mais ils ont d’autres chats à fouetter. Au-delà du choc psychologique d’un tel acte, c’est surtout la solitude qui me pèse le plus. Je me sens complètement démunie, la mairie ne m’a guère aidée. Heureusement, on peut compter sur la solidarité des voisins qui sont venus nous donner un coup de main pour tout nettoyer et rouvrir dès le lendemain. Face à ce genre d’incivilités, il ne faut surtout pas baisser les bras et continuer coûte que coûte l’activité. Nous avons une clientèle fidèle qui a besoin de nous, de médicaments, de nos conseils. L’expert a estimé à 6 000 € le préjudice du vol et de la casse. Au final, nous n’avons obtenu que 4 500 € car l’assurance ne rembourse pas tout. Elle n’a ainsi pas évalué la perte d’exploitation pour la journée où la pharmacie est restée fermée. C’est bien dommage car cela nous aurait été utile pour relancer la dynamique commerciale. "
Propos recueillis par Olivier Valcke