Le stress pourrait être l’une des hypothèses contribuant à l’apparition de cellules tumorales, notamment au développement de métastases. Cette théorie, controversée, pourrait en partie être confirmée grâce à une étude réalisée chez des souris auxquelles on a inoculé le cancer du sein. Une partie de ces souris a subi un stress pendant deux semaines, confinées dans un endroit étroit quelques heures par jour. Le suivi de la progression du cancer et des métastases a été réalisé grâce à un produit bioluminescent injecté avec la tumeur. La croissance des métastases s’est avérée trente fois plus rapide chez les souris stressées par rapport au groupe témoin. Les auteurs suggèrent que le stress stimulerait le système nerveux, qui transmettrait un signal précis au système immunitaire, ce qui aurait pour effet d’envoyer vers la tumeur plus de cellules macrophages pour lutter contre l’intrus. La réaction de la tumeur serait d’utiliser ces macrophages pour aller infiltrer d’autres tissus.
Les auteurs ont voulu vérifier cette hypothèse en activant pharmacologiquement ce fameux signal nerveux dans le groupe de souris qui n’avaient pas été stressées. Leurs métastases ont alors connu une augmentation vingt-deux fois plus importante qu’un groupe témoin non traité. A l’inverse, des médicaments déjà connus pour diminuer le stress, tels les bêtabloquants, ont réduit les signaux nerveux chez les souris stressées, bloquant la propagation des métastases, ce qui pourrait constituer une voie à explorer pour de futurs traitements préventifs. Ces observations peuvent également nous expliquer pourquoi certaines personnes développent plus de métastases que d’autres avec le même type de cancer. Les auteurs notent que ces découvertes mettent en avant l’importance de tenir compte de la santé globale du patient et du développement d’approches thérapeutiques pour remédier au stress, notamment induit par l’annonce du diagnostic et la peur de mourir.
Olivier Valcke