L’obésité est fréquente chez les adolescents, et ses conséquences en termes de morbidité et de mortalité deviennent plus nettes au fur et à mesure que la prévalence augmente, à tel point que la chirurgie bariatrique peut être envisagée dans cette tranche d’âge. Afin de comparer ce traitement chirurgical à un programme de mesures hygiénodiététiques, ces auteurs australiens ont réalisé une étude randomisée incluant 50 adolescents âgés de 14 à 18 ans, tous atteints d’une obésité sévère, avec un indice de masse corporelle (IMC) > 35 kg/m2. Ils ont été suivis pendant deux ans. La perte de poids constituait le critère d’évaluation primaire.
Vingt-quatre des 25 patients du groupe « anneau gastrique » sont allés jusqu’au bout de l’étude, versus 18 sur 25 dans le groupe « hygiène de vie ». 84 % des patients du groupe « anneau gastrique » et 12 % du groupe « hygiène de vie » ont perdu plus de 50 % de leur excès de poids. Globalement, les changements moyens dans le groupe « anneau gastrique » étaient une perte de poids de 34,6 kg et une baisse d’IMC de 12,7 points, versus 3 kg et 1,3 point d’IMC dans le groupe « hygiène de vie ». Seule ombre au tableau, les 8 réinterventions faites chez 7 patients du fait d’une dilatation de la poche proximale, ou encore de lésions œsogastriques sous l’effet de l’anneau.
Il faut donc souligner les bénéfices thérapeutiques significatifs du geste chirurgical en termes de perte de poids et de qualité de vie. Mais ceux-ci justifient-ils le risque de complications postopératoires ? De même, faut-il généraliser cette procédure chez les adolescents ? Il s’agit tout de même d’un acte chirurgical sous anesthésie…
Journal of American Medical Association, 2010 ; 303(6) : pp. 519-26
Julien Boyer, pharmacien hospitalier