Médicaments à prescription restreinte, suite…

« Retour aux actualités 07 Septembre 2010 - Actualité Médicale

Médicaments à prescription restreinte, suite…

Pour les médicaments à prescription initiale hospitalière (PIH) et certains médicaments à prescription réservée aux spécialistes (PRS) – ceux pour lesquels le renouvellement n’est pas réservé aux spécialistes –, tout médecin pourra renouveler la prescription pour une durée limitée dépendant du médicament lui-même (un an, six mois… parfois seulement trois mois). Cependant, la mention « l’ordonnance de renouvellement reprend les mentions du document initial » doit être précisée et complétée. En effet, en cas de nécessité, le médecin « renouvelant » est en droit de modifier la posologie et/ou la durée du traitement (CSP R5121-88 et R5121-91), mais pas le dosage du médicament. Et, ainsi que le confirment les pharmaciens qui ont participé aux formations conventionnelles, ceci est bienvenu car :
– Les médecins hospitaliers n’ont pas l’habitude de prescrire des durées de traitement. Bien souvent, les PIH sont muettes à ce sujet, ce qui revient à prescrire une seule boîte. Heureusement que le médecin de ville pourra décréter une vraie durée !
– Après quelques mois de traitement, même si la prescription initiale n’est pas encore expirée, il n’est pas rare qu’une adaptation posologique soit nécessaire, généralement suite à un contact téléphonique entre les deux médecins. Heureusement que le texte permet au médecin « renouvelant » de le faire lui-même, sinon le patient serait condamné à se faire refaire la prescription initiale à l’hôpital ou par le spécialiste. Quand on connaît les délais nécessaires pour avoir de tels rendez-vous… Pour finir, le pharmacien serait obligé de lui « avancer » une boîte sans la facturer, avec tous les problèmes que cela poserait…
Par ailleurs, le paragraphe sur la disponibilité des médicaments soulève un problème important. Bien sûr, s’il est souhaitable que le patient puisse avoir son traitement le plus rapidement possible en officine, la réalité du terrain ne le permet pas, entre d’un côté les services hospitaliers qui « lâchent » les patients le vendredi soir, ce qui signifie un prescripteur injoignable jusqu’au lundi dans le meilleur des cas, et de l’autre côté les grossistes-répartiteurs qui n’acceptent que bien rarement de reprendre ces médicaments chers et qui se périment vite…
Mettre en place une meilleure collaboration entre officine et pharmacie hospitalière sera nécessaire, mais quelle catastrophe si, pour finir, le patient a la mauvaise idée d’aller présenter sa prescription dans une autre pharmacie, comme cela est arrivé
à une titulaire ayant participé à l’une de mes formations...

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