Pas de trêve estivale pour les syndicats

« Retour aux actualités 07 Septembre 2010 - Actualité Socio-pro

Pas de trêve estivale pour les syndicats


Tout a commencé le 5 juillet dernier. L’Union nationale des pharmacies de France (UNPF) propose aux autres organisations syndicales de les rejoindre pour débuter un mouvement de grève des gardes et urgences dès le vendredi 9 juillet. En cause : le manque de réponses concrètes du ministère de la Santé à leurs interrogations. L’UNPF avait en effet mis en exergue, depuis le début de l’année, la dégradation de l’économie de l’officine, qui a entraîné, pour plus de 50 % des pharmacies, un manque de fonds
de roulement et le passage de la trésorerie dans le rouge. Sans oublier la multiplication des dépôts de bilan.
Le 7 juillet, une assemblée générale extraordinaire est organisée et la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF) déclare avoir pris acte de l’échec de ces négociations destinées à pérenniser le réseau officinal de proximité. Son président, Philippe Gaertner, donne une conférence de presse accompagné de Claude Japhet, président de l’UNPF, au cours de laquelle il dresse un état des lieux de l’économie de l’officine. L’accent est mis sur la dégradation ou la stagnation selon les années, depuis la fin de 2005, de la marge réglementaire sur les médicaments remboursés, alors que les charges officinales ne cessent de progresser. Résultat : un certain nombre de pharmacies rencontrent des difficultés majeures.
En 2008, 36 % présentaient ainsi une trésorerie négative ; un chiffre passé à 48 % l’année dernière ! Le nombre de liquidations augmente pour sa part constamment depuis 2006 et concernait déjà vingt-cinq pharmacies à la fin du mois de mai dernier (voir graphiques ci-dessous).
L’UNPF et la FSPF appellent alors à suspendre, à compter du 10 juillet, toute participation aux services de garde et d’urgence, laissant à chaque préfet la responsabilité de réquisitionner les pharmaciens d’officine. Et à partir de la même date, de cesser d’organiser les services de garde et d’urgence et d’en informer les agences régionales de santé (ARS). Enfin, elles recommandent de limiter le stock de médicaments génériques d’ici au début du mois de septembre et incitent à s’approvisionner en feuilles de soins papier. La FSPF attend alors du ministère « une véritable réponse économique aux difficultés criantes qui fragilisent un nombre croissant d’officines ».
Le 8 juillet, la FSPF et l’UNPF, rejointes par l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO), appellent à la grève : « C’est par une mobilisation massive que nous ferons entendre
nos revendications ».
Le 21 juillet, l’UNPF décide de poursuivre le mouvement après une réunion ayant eu lieu la veille avec le ministère. Une réaction toujours motivée par l’absence de réponses adaptées.  Puis, le 27 juillet, l’USPO demande l’arrêt de la grève en attendant la réunion avec le ministère prévue le 15 septembre. Suite à cette annonce, la FSPF appelle à l’unité et au maintien du mouvement, ne renonçant pas à sa demande de revalorisation de la marge officinale, élément fondamental à l’amélioration de l’économie de la pharmacie. Cependant, elle prend acte de certaines avancées, le directeur du cabinet de Roselyne Bachelot acceptant de débattre dans le cadre de la réunion du 15 septembre.
D’ici-là, le ministère doit transmettre ses propositions, basées sur des calculs réalisés par ses services ainsi que sur des études économiques des syndicats. En attendant,
dans le cadre du maintien de la permanence des soins, les listes des pharmacies de garde ont été régulièrement réactualisées sur le site des ARS.

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