Passe d’armes médiatique autour de la réforme du médicament

« Retour aux actualités 06 Septembre 2011 - Actualité

Passe d’armes médiatique autour de la réforme du médicament

Examinée dans quelques jours par les parlementaires, la réforme du système du médicament oppose les laboratoires pharmaceutiques aux autorités sanitaires. Qui s’affrontent… via les médias.

Deux mois après l’annonce de la réforme du système du médicament par le ministre de la Santé, les industriels du médicament entament leur lobbying. Car le temps presse : le projet de loi doit passer le 13 septembre devant la Commission des Affaires Sociales de l’Assemblée Nationale, avant d’être étudié par les députés le 27 septembre. Or pas question, pour l’industrie, de laisser passer dans son intégralité cette réforme qui présente des "risques de détournement des enjeux de santé publique"… selon la tribune que son syndicat, le Leem, vient de publier dans 61 journaux régionaux. Un courrier sera même "adressé dans les prochains jours à l’ensemble des parlementaires, afin d’attirer leur attention sur la nécessité de ne pas fragiliser, en période de crise, un secteur porteur de croissance", prévient le syndicat des entreprises du Médicament.

Réforme de sécurité sanitaire… ou logique budgétaire ?

La mobilisation de l’industrie parviendra-t-elle à faire flancher les parlementaires ? Tôt pour le dire. Mais elle suscite déjà des réactions du côté des autorités. L’Afssaps, qui deviendra prochainement l’Agence nationale de sécurité du médicament, a dégainé la première. Car le Leem estime que les conditions plus restrictives d’obtention des Autorisations temporaires d’utilisation (ATU) vont empêcher "de nombreux malades atteints de pathologies lourdes d’accéder rapidement à des médicaments vitaux qui ne sont pas encore commercialisés".

Faux, estime l’Afssaps dans un communiqué, qui "tient à rappeler que son intention n’est pas de restreindre l’accès aux molécules innovantes à travers le dispositif des ATU mais d’en étendre l’accès et d’en renforcer la transparence et la sécurisation. (…) L’objectif de l’Afssaps est en effet d’une part de privilégier l’octroi d’ATU de cohorte (et donc plus tard d’AMM) et la mise en place d’essais cliniques en France, qui représentent un cadre plus satisfaisant d’accès à l’innovation en terme de surveillance et d’information des patients et des médecins, et d’autre part  de mieux encadrer la surveillance des patients traités dans le cadre des ATU nominatives."

Autre inquiétude des industriels : l’accroissement de la pression fiscale qui est destinée à assurer d’une part le financement de la formation des médecins et d’autre part l’augmentation du budget de l’Afssaps… mais "ne peut être considérée comme un facteur de progrès pour la sécurité sanitaire", selon le Leem. "C’est une réforme de sécurité sanitaire, nous ne sommes pas dans une logique budgétaire, réplique le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, interrogé par l’Usine Nouvelle. Je sais les progrès thérapeutiques considérables de ces dernières années et je n’oublie pas non plus le rôle que joue l’industrie pharmaceutique pour développer la croissance, l’emploi et l’attractivité de notre pays. Mais aujourd’hui, nous devons redonner confiance aux Français dans notre système du médicament. Chacun doit prendre ses responsabilités, voilà pourquoi la contribution des entreprises du médicament est indispensable pour apporter des réponses qui permettent de concilier l’accès au progrès thérapeutique et la sécurité des patients."

Reste à savoir qui, du ministre ou de l’industrie, saura se faire entendre auprès des parlementaires…

Gaëlle Fleitour - Tous droits réservés (2011) L'usine nouvelle

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