Un pharmacien qui a du chien !

« Retour aux actualités 20 Octobre 2010 - Actualité Portraits/Reportages

Un pharmacien qui a du chien !

Quand il n’est pas derrière son comptoir à Herrlisheim, Jean-Luc Lemouzy court les exhibitions et les concours canins à travers l’Europe. Depuis plus de quinze ans, ce titulaire alsacien élève des salukis, ou lévriers persans, et collectionne les prix. Portrait d’un passionné qui a du flair !
La passion des chiens, Jean- Luc l’a contractée tout petit. Pourtant, au début, la partie était mal engagée : « J’ai toujours aimé les chiens mais ma chère mère trouvait, à juste titre, que ce n’était pas raisonnable d’en avoir en appartement. » Qu’à cela ne tienne ! Une fois parti du domicile familial, le jeune étudiant en pharmacie accueille son premier chien : un terreneuve offert à sa soeur. Les salukis ? Ce fut d’abord un concours de circonstances. « A l’époque, se souvient- il, je participais à des concours hippiques, une autre de mes grandes passions. Lors d’une compétition, je suis tombé sur ces chiens dont j’ignorais tout, à commencer par le nom. Ce fut le coup de foudre ! »Digne, intelligent et indépendant, lesaluki trouve ses origines dans l’immensitédes territoires du Moyen- Orient où, depuis des millénaires, ilest utilisé pour la chasse. A l’origine,chaque tribu possédait ses salukis,qui n’étaient ni vendus ni achetésmais offerts comme une marqued’honneur (un don d’Allah). Si lestemps ont changé, Jean-Luc resteattaché à cette noblesse de caractère: « Avec leur port altier, leurs formes harmonieuses, ces chiens sont l’incarnation de la grâce. »
 
Des chiens aux allures princières
Aujourd’hui, Jean-Luc Lemouzy possède douze chiens qui participent à des concours internationaux. Pourtant, seules quatre salukis femelles lui tiennent compagnie dans sa résidence alsacienne. « Il est important de nouer une relation intime entre le chien et le maître, note Jean-Luc. Et il est très difficile de concilier les mâles et les femelles, surtout quand on n’a pas de cages. C’est pourquoi les mâles sont répartis chez des amis. J’ai toujours privilégié la qualité à la quantité. » C’est d’ailleurs cette exigence de qualité qui a permis à notre pharmacien de se hisser parmi les éleveurs français les plus titrés et les plus reconnus dans cette catégorie de chiens. Si la qualité de ses bêtes doit beaucoup à sa réussite, le pharmacien éleveur sait également ce qu’il doit à son équipe en officine : « J’ai beaucoup de chance. Je peux compter sur un personnel compétent qui peut me suppléer lorsque je suis en compétition. » Et notre pharmacien de nous conter cette journée où il fut appelé en urgence en Finlande pour assister la saillie d’une chienne : « J’ai envoyé un fax à mon adjointe, la prévenant de mon départ. Le lendemain, elle était à ma place au comptoir. »
 
Des collaborateurs sur qui compter
Une équipe de dix personnes – dont deux adjointes – gère l’officine lorsque son titulaire n’est pas là. « Ma passion m’a appris à déléguer très tôt mes responsabilités à mes adjoints. Aujourd’hui, j’ai une confiance aveugle en eux », ajoute-t-il. Lorsque l’on demande à Jean-Luc les secrets de sa réussite, l’éleveur prend son temps pour répondre : « Etre un bon éleveur se mérite. Si le succès dépend en grande partie du travail, il existe aussi une part de hasard. On ne sait pas si le chiot qui vient de naître a l’étoffe d’un champion. C’est un subtil dosage de patience, d’attention, d’écoute, et donc de chance. » Loin des expos américaines où le chien a été retravaillé à l’excès, devenant une bête de show, Jean-Luc met l’accent sur la qualité et la sobriété : « Ce qui est important, c’est le potentiel génétique. Cela ne sert à rien de mettre des froufrous et des paillettes sur les animaux pour masquer le manque de grâce et d’élégance. »
 
Des récompenses à travers l’Europe
Intransigeant avec la qualité de ses chiens, Jean-Luc l’est également avec celle des autres. Depuis une dizaine d’années, il officie en tant que juge : « J’ai eu le privilège de participer et de juger les plus belles expositions canines : Bosjokloster (spéciale de lévriers) en Suède, la spéciale du CRBL (club belge du lévrier), la Spéciale salukis du club finlandais à Helsinki, la Nationale d’élevage du club belge de l’afghans, la Jarhe ausstellung salukis en Allemagne, les salukis au championnat de France à Nantes, la spéciale salukis à Mlada Boleslav en République tchèque, le championnat de France de Lyon… et bien d’autres en France et à l’étranger. »
Eleveur, compétiteur, juge, secrétaire de l’Union des clubs français de lévriers et apparentés (Ucfla)… Après avoir remporté de nombreux titres et parcouru toute l’Europe avec ses chiens, qu’est-ce qui motive encore Jean-Luc ? « Chaque nouvelle portée est un recommencement, conclut-il. Il faut apprendre à apprivoiser le chiot, lui parler, le dresser… L’élevage est une passion qui se vit au quotidien*. »
 
(*) Suivez les aventures de Jean-Luc sur http://al-zubeyda.chiens-de-france.com

Olivier Valcke

Partager avec :