Rapport Attali, acte II. La commission pour la libération de la croissance présidée par Jacques Attali a présenté son rapport à Nicolas Sarkozy. Loin des 316 mesures préconisées en 2008, ce deuxième opus se veut un condensé de 25 propositions chocs pour réduire la dette.
Quand l’ancien conseiller de François Mitterrand fait parler de lui, la polémique n’est jamais loin. Une formule éprouvée mais qui fonctionne toujours. La preuve à l’occasion de la remise du rapport Attali version 2010, qui préconise 25 mesures anticrise pour « améliorer la croissance de la France tout en réduisant ses déficits records. »
A peine annoncé, le rapport suscite déjà de nombreuses critiques, notamment chez les professionnels de santé, particulièrement
touchés par ces propositions.
L’une d’entre elles fait débat : la suppression progressive du numerus clausus pour les études de pharmacie et de médecine. Selon le rapport, « les numerus clausus contribuent à un rationnement de l’offre de soins préjudiciable aux patients, réduisent la concurrence et poussent à une hausse des tarifs sans améliorer la situation des professions de santé. » La commission Attali propose que les cursus médicaux s’articulent autour d’examens et non de concours afin de recruter des « professionnels aux profils plus diversifiés ». Un souhait jugé inacceptable par l’Association nationale des étudiants en pharmacie de France (Anepf) qui, dans un communiqué, s’inquiète de ces modifications qui, si elles entraient en vigueur, « auraient un retentissement sur la qualité de nos études, et donc sur la santé du patient. » Les futurs pharmaciens rappellent également que le numerus clausus instauré en 1971 est « un des garants du maillage territorial pour la pharmacie
et une des forces du système de santé. »
Ça coince également sur le déremboursement intégral des vignettes bleues et orange, « à service médical rendu faible ». Là encore, des voix s’élèvent pour dénoncer un système à deux vitesses, pénalisant une catégorie de malades
en difficulté financière. Autres sujets qui portent
à polémique : la participation financière plafonnée des malades en affection de longue durée (ALD) et la maîtrise de la rémunération de certains actes et de certaines professions paramédicales.
Ce régime anticrise Attali devrait rapporter autour de 10 milliards d’euros. Reste à savoir si ce deuxième rapport aura plus de chances que le précédent, abandonné à peine finalisé. z
Olivier Valcke