Une pharmacienne raconte son entretien avec Sarkozy

« Retour aux actualités 15 Février 2011 - Actualité Portraits/Reportages

Une pharmacienne raconte son entretien avec Sarkozy

Fatiha Djegaoud n’est pas du genre à se laisser faire. Cette titulaire niçoise de 62 ans a pourtant vécu quatre braquages à main armée en l’espace d’un mois et demi. Loin de l’intimider, ces récentes mésaventures l’ont propulsé elle et son franc-parler à la une des télévisions régionales et nationales. Consécration de cette notoriété aussi inattendue que non désirée, elle a été choisie, le 10 février dernier, pour interroger le président de la République dans le cadre de l’émission Paroles de Français. Entre attente et déception, elle revient pour Pharma sur cette expérience médiatique hors du commun.

 

« Lorsque TF1 m’a proposé de participer à l’émission Paroles de Français pour poser directement mes questions au Président de la république, j’ai tout de suite accepté. Il faut dire que j’en avais des choses à dire. Après avoir été braquée quatre fois dont une dernière où j’ai été molestée, je voulais profiter de cette occasion unique pour faire part de mon sentiment d’insécurité. Je vis dans une cité réputée difficile où la loi du silence prime. Mais ce n’est qu’une minorité qui empêche les autres de vivre tranquillement. J’ai donc préparé mes questions même si je me doutais que mon temps de parole serait minutieusement compté. La chargée de production de TF1 m’a informé des thèmes choisis : insécurité, désertification médicale, dépendance des personnes âgées… Reste qu’avec 3 minutes de temps de parole pour chaque intervenant, il est difficile d’approfondir ces thématiques. Le direct est vraiment impressionnant. Tout va très vite et en même temps tout est codifié. Après mon intervention, j’étais quelque peu déçue. Un bon nombre de mes questions sont restées sans réponses. Ce sont les règles du jeu. Il faut les accepter. Reste que je pense que le nom de l’émission est mal choisi car c’est d’abord l’émission du président. Je regrette par exemple de n’avoir pu m’attarder sur les difficultés rencontrées par la profession et pas seulement sous l’angle sécuritaire. Pharmacovigilance, accompagnement thérapeutique… beaucoup de sujets demeurent en suspens. Ce qui m’a en revanche réconforté, c’est le soutien de mes confrères. Après l’émission, j’ai reçu énormément d’appels et de courriers de sympathie. Beaucoup de confrères vivent la même situation que moi et sont quotidiennement confrontés à l’insécurité. Un autre entretien est prévu avec le président de la République pour prolonger le débat. Je ne sais pas encore quelle forme il prendra mais j’aimerai m’entretenir avec lui du discrédit qui pèse sur la profession depuis le scandale sanitaire. »

Olivier Valcke

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